Culture

Qui est Vladimir POUTINE ? 2ème partie

Vladimir POUTINE prend officiellement ses fonctions le 7 mai 2000 et entame immédiatement de profondes réformes politiques, sociales et économiques. Il renforce le complexe industriel, développe l’économie tout en combattant les oligarques mafieux, réforme les institutions, ouvre de grands chantiers dans les secteurs de la justice, la défense et l’administration territoriale. Il réussit là où ses prédécesseurs avaient échoué. Ses succès obtenus en matière de réforme et de croissance (+7%) ainsi que son style rigoureux plaisent aux russes qui le plébiscitent et le réélisent triomphalement en mars 2004 à la tête de la Fédération de Russie avec 71% des suffrages exprimés.

VVP est le véritable architecte d’un pays désormais fier diplomatiquement et fort économiquement. Il y a dix ans, le pays était divisé,  Poutine a conçu une « nouvelle nation » (Gleb PAVLOVSKI). « Poutine c’est comme la Lune et le Soleil, on ne s’en fatigue pas » déclare Vladimir BRINTSALOV.

A 56 ans, il semble à des années-lumière de la retraite, les dernières photos, qui ont fait le tour du monde, de ses vacances en Sibérie le montrent en pleine forme, une image que Vladimir, sportif accompli, aime répandre. Cet homme est doué pour avoir l’air décontracté en toutes circonstances, lancer des blagues, improviser des bains de foule avec le peuple, mettre en avant l’amour qu’il porte aux animaux.

Avec lui, la Russie a connu une transformation majeure de ses élites au pouvoir. Entre 1999 et 2001, 25% des dirigeants ont été renouvelés « sans remous », estime la sociologue  Olga KRICHTANOVSKAIA, il n’y a eu aucune arrestation ou exil.

Dans le duumvirat qu’il constitue avec Dmitri MEDVEDEV, son rôle est celui du senior. Il ne manipule pas le Président, il lui laisse ses domaines de spécialisation – certaines questions économiques en particulier – mais, par son expérience, son charisme, le respect qu’il inspire, il incarne l’autorité supérieure, la voix effective de la Russie.

VVP voit la Russie du XXIème siècle comme une synthèse particulière entre la tradition tsariste et l’héritage soviétique. L’imbrication paraissait à beaucoup d’observateurs impossible à tenir. Or, lui, célèbre les actions héroïques de la Seconde Guerre mondiale, manifeste une grande considération envers l’Eglise orthodoxe, rétablit à la fois l’amalgame du drapeau à l’aigle impérial et l’hymne soviétique, la Russie blanche et rouge enfin réunifiées en douceur. On l’entend exprimer une forte vénération pour la période prérévolutionnaire tout en ne cachant pas son attachement à des moments marquants de l’URSS. Il est en ce sens très représentatif de l’opinion publique.

Avec Poutine aux commandes, la Russie redécouvre ses ennemis. Promus un temps (très court) partenaires, les Etats Unis redeviennent les adversaires avec lesquels la Russie peut simplement avoir quelques intérêts communs – le désarmement notamment – De même, l’Europe atlantiste a déçu Poutine, GORBATCHEV la voyait comme une « Maison commune », or, après l’épisode du Kossovo et l’élargissement de l’OTAN, la Russie de Poutine ne se voit plus comme un pays européen à part entière mais plutôt comme un simple fournisseur énergétique. Poutine s’est rapproché de la Chine et de l’Inde. Il maintient des relations suivies avec l’Iran.

Et l’analyste politique Viatcheslav NIKONOV de conclure en précisant qu’ »il y a dix ans, beaucoup de russes souffraient des arriérés de salaires, de retraites … à présent, une telle situation est impensable. Le PIB de la Russie, malgré un coup d’arrêt conjoncturel, se chiffrait à l’époque à quelques 250 milliards de dollars contre plus de 1.500 milliards aujourd’hui.Nous avons un autre président mais l’ère Poutine continue. Monsieur Poutine est l’homme clé du pays. »